En dépit du premier vote négatif et de la forte contestation dans quelques sociétés, les actionnaires approuvent pour le moment à 89 % les rémunérations des dirigeants du SBF 120, contre 83 % en 2015.

Alors qu’un gros tiers des sociétés du SBF 120 a tenu son assemblée générale, un premier bilan peut déjà être tiré. Les actionnaires sont présents et soutiennent leur direction. Le quorum ressort pour le moment à 68 % dans le CAC 40 (65 % en 2015) et à 72 % dans le Next 80 (75 % l’an dernier), selon le dernier pointage de L’Hebdo des AG. Plus de 90 % des résolutions sont approuvées. Seules 7 % sont contestées et 1 % rejetée, des chiffres plus faibles que l’an dernier surtout dans le CAC 40.

Un « say on pay » en hausse, mais de fortes contestations

Dans le sillage de l’assemblée de Renault, où pour la première fois depuis l’instauration du « say on pay » en France en 2014 la rémunération d’un dirigeant n’a pas été approuvée, les sujets de rémunérations sont revenus avec force sur la table. Néanmoins, le score moyen du « say on pay » ressort actuellement à 89 % dans le SBF 120 contre 83 % l’an dernier. Un bon résultat qui cache quelques fortes contestations. Notamment, la rémunération de près de 17 millions d’euros du directeur général de Sanofi n’a reçu que 63 % des suffrages. Chez Schneider et Scor, le « say on pay » du PDG n’a obtenu respectivement que 60 % et 65 %. A l’AG d’Edenred, les actionnaires n’ont voté qu’à 73 % la rémunération de leur patron, peut-être une manière de contester l’attribution d’un parachute doré, approuvé à seulement 71 %. Chez PSA, les 76 % d’approbation peuvent s’expliquer par le quasi doublement de la rémunération du patron sans que les raison soient bien comprises par tous. Pour sa part, le président non-exécutif d’Engie a voulu donner une meilleure image en renonçant à ses 350.000 euros annuels, qui seront versés à la Fondation Engie.

La question des rémunérations reste toujours très sensible et fait l’objet d’une question sur quatre. L’Hebdo des AG invite les entreprises à toujours plus de pédagogie, en particulier en amont des assemblées générales, pour désamorcer les éventuelles incompréhensions. Par ailleurs, les questions sur le ratio d’équité, encore rares, pourraient devenir plus fréquentes et nécessiteront une réponse argumentée, ce qui n’est pas encore le cas.

Des assemblées et des séances de questions-réponses plus courtes

Près de la moitié des questions des actionnaires concerne l’activité et la stratégie de l’entreprise, et un quart les finances et le dividende. En particulier, les investisseurs s’interrogent sur la pertinence des rachats d’actions ou sur le versement de dividende, jugé parfois trop élevé par rapports aux résultats de l’entreprise. Capitalcom constate que la séance de questions-réponses au sein du CAC 40 a été réduite en moyenne de 6 minutes par rapport à l’an dernier. D’ailleurs, ces assemblées durent en moyenne 2h35, soit un quart d’heure de moins qu’en 2015, alors qu’elles durent toujours environ 2h10 dans le Next 80, selon L’Hebdo des AG. Autre signe des temps, les AG abordent maintenant systématiquement le digital.

L’hostilité aux mesures anti-OPA se confirme

La nomination des administrateurs ne pose pas de problème avec des approbations à 95 % pour les nouveaux (94 % en 2015) et même à 98 % pour les renouvellements (94 % l’an dernier). Même les PDG reconduits ne suscitent plus l’hostilité, les actionnaires semblant mieux accepter la réunion des pouvoirs sur la même tête.

En revanche, plus que jamais les actionnaires marquent leur hostilité aux autorisations financières anti-OPA. Ces mesures ne sont pour le moment qu’approuvées à 78 % dans le SBF 120, contre 87 % l’an dernier. Dans ces sujets plus techniques, les actionnaires suivent davantage l’opinion des proxys. Les émetteurs pourraient reprendre la main en faisant là encore un effort de pédagogie pour expliquer ces résolutions.

Thomas Fenin