La stratégie de l’entreprise sera au cœur des assemblées générales 2017. Avec la première application de la loi Sapin et le contexte électoral, les rémunérations resteront un sujet sensible. L’intégration de la RSE dans l’ensemble des thématiques continuera à être regardé de près.

A quelques semaine de la saison des assemblées générales 2017, le Cliff, l’association française des professionnels de la communication financière, a réuni le 10 janvier dernier les acteurs de la Place pour faire le point sur les changements réglementaires et les attentes des actionnaires. Alors que la saison 2016 était placée sous le signe de la COP 21, avec un fort accent mis sur les sujets environnementaux, la stratégie devrait être au cœur des assemblées 2017. Déjà l’an dernier, plus de la moitié des questions des actionnaires concernait la stratégie (de développement, financière et géographique) de l’entreprise. Trois axes guideront ces assemblées selon l’agence de conseil en communication, Capitalcom.

 Une présentation dynamique du conseil

En matière de gouvernance, la composition du conseil doit exprimer la dynamique et la stratégie de l’entreprise. Il ne suffit plus de cocher les cases : 50% d’indépendants, 40% de femmes (les sanctions tombent cette année si le seuil n’est pas respecté), des membres étrangers, etc. Une présentation pertinente de la gouvernance est d’autant plus importante qu’elle représentait l’an dernier un quart du temps des présentations. Il appartient au management de valoriser l’arrivée des nouveaux administrateurs, et d’expliquer en quoi leur expertise est en lien avec la stratégie de l’entreprise.

Rémunérations : une année de transition

La rémunération reste un sujet sensible. D’une part, pour la première fois les actionnaires ont voté l’an dernier contre la rémunération de leurs dirigeants dans trois sociétés. L’indulgence n’est plus de mise. D’autre part, les AG 2017 seront la première année de l’application de la loi Sapin 2. Les entreprises devront à la fois proposer une résolution sur la politique de rémunération, et un « say on pay » consultatif, pour la dernière fois, pour les sociétés se référant au code Afep-Medef. Il faudra attendre 2018 pour le premier vote contraignant sur les rémunérations, sur la base de la politique adoptée cette année.

Au-delà des montants des rémunérations, les actionnaires sont plus attentifs aux liens entre les salaires des dirigeants et les performances de l’entreprise. Une augmentation de la rémunération des patrons serait mal perçue si les résultats de l’entreprise stagnent ou reculent, ou si des plans de réductions d’effectifs sont mis en place. Une bonne pratique consiste à donner une vision sur plusieurs exercices, et surtout à être pédagogue et précis, sur les conditions de performance (notamment RSE) des rémunérations de long terme.

Dans ce contexte, le ratio d’équité devrait faire progressivement son chemin. Au regard de la complexité de sa mise en place, il ne s’agit pas tant pour les entreprises de le proposer que de savoir répondre aux questions posées. En expliquant par exemple, pourquoi ce ratio n’est pas pertinent pour un groupe mondial, ou encore donner des éléments de réponse sur le seul périmètre français.

Dans un environnement de campagne présidentielle, les directions devront aussi savoir réagir face aux programmes des différents candidats.

 La RSE doit être intégrée à l’ensemble des présentations

La responsabilité sociale ou sociétale des entreprises (RSE), doit être pleinement intégrée et infusée dans les différentes présentations, et ne plus en être une parmi d’autres. A l’instar du rapport intégré qui monte en puissance, en phase avec les attentes des investisseurs et des actionnaires, qui demandent un lien fort entre éléments financiers et extra-financiers. Le directeur de la RSE peut par exemple expliquer en quoi la société est plus responsable qu’avant. Le directeur des ressources humaines pourra aussi montrer comment la stratégie de l’entreprise, qui recherche par exemple une meilleure efficacité énergétique, influe sur la politique de recrutements avec la recherche de profils différents. 

Gageons que la qualité des questions posées en AG continuera à s’améliorer.

Thomas Fenin