Transformer une contrainte réglementaire en opportunités, c’est un peu la « raison d’être » de Labrador depuis 20 ans. C’est aussi une conviction. La Déclaration de Performance Extra Financière (DPEF*) qui va faire évoluer l’information extra financière contenue dans le document de référence, n’échappe pas à la règle ! C’est l’opportunité pour les émetteurs de rendre leur démarche plus stratégique et de remobiliser les équipes.

Nous l’avions évoqué dans un précédent billet (12 avril 2018), cette nouvelle directive demande aux émetteurs d’intégrer la RSE dans leur modèle d’affaire et de sélectionner les risques RSE les plus significatifs. La corruption et les droits de l’homme font aussi partie des fondamentaux de cette réglementation. Ce travail de reconfiguration de l’information peut être l’opportunité pour les entreprises de dépasser la « liste de courses » imposée par le Grenelle 2 et de se focaliser sur les enjeux RSE les plus matériels.

Interpeller le Comex

Les textes de loi mettent le curseur sur l’évaluation des risques et la mesure de résultats concrets. Des sujets généralement suivis de près par la gouvernance et le management de l’entreprise. N’est ce pas l’occasion de mobiliser votre Comex autour de ces priorités et de mettre la RSE à l’ordre du jour dans les agendas de rentrée ?

Casser les silos

La RSE est une démarche transversale qui bouscule les organisations en « silos ». Les évolutions demandées par la DPEF sont peut-être l’occasion de réunir autour d’ateliers participatifs les différentes fonctions de l’entreprise -RH, finance, risques, juridique, RSE, stratégie- pour travailler autour d’une vision plus « intégrée » de votre feuille de route.

Bousculer les contributeurs

Profitez également de cette réglementation pour revisiter la structure, la présentation et le contenu de votre chapitre RSE. La nécessité de faire lien entre le business model, les risques et les politiques, nécessite une écriture plus stratégique et reliée à votre business. C’est le moment de sortir vos contributeurs de leur confort et d’identifier des axes d’améliorations.

Valoriser les opportunités

Si les textes de la directive insistent sur les risques extra financiers, il est aussi recommandé de valoriser les opportunités inhérentes à la création de valeur et de mettre en place un reporting plus connecté à l’évolution de vos activités et de votre marché.

Scénariser l’information

Le recours aux infographies est indispensable pour valoriser vos messages clés. Au delà d’une représentation visuelle du business model et d’un tableau de bord autour des risques les plus significatifs, des infographies illustrant la gouvernance mise en place pour piloter les enjeux les plus critiques seraient un plus.

Gageons que les investisseurs passent de l’intérêt poli à une véritable démarche d’investissement.

Notre recommandation

  • Connecter la RSE à la vision de l’entreprise
  • Présenter une vision intégrée des risques en lien avec votre business model
  • Rationaliser l’information, travailler les enjeux « sectoriels » les plus  pertinents
  • Optimiser la lisibilité des contenus

* Echéance : exercice ouvert à partir du 1er septembre 2017

Sandrine L’Herminier
Directrice du Pole RSE – Labrador Conseil