Labrador et EY présentaient il y a quelques jours, en avant première, les résultats de leur Etude Panorama de la Gouvernance¹. Retour sur les temps forts de cette conférence présentée dans le cadre de l’Observatoire de la Communication Règlementée organisée pour les clients de Labrador.

L’éthique : le maillon faible ?

Premier message fort délivré par cette étude qui analyse les pratiques de gouvernance des sociétés cotées : les risques liés à l’éthique, la prévention de la fraude, le devoir de vigilance ainsi que les nouveaux risques (cyber sécurité, protection des données) ne sont pas suffisamment abordés dans les réunions de travail du Conseil. « Seulement un tiers des entreprises interrogées (CAC 40) examine ces sujets. De même, 53% des bigcaps et 31 % des midcaps ont mis en place une procédure de gestion des conflits d’intérêts formalisée » relève Bruno Perrin, Associé EY.

Un constat inquiétant

Un constant inquiétant alors que l’actualité règlementaire (Sapin 2, devoir de vigilance) demande aux émetteurs de renforcer leurs procédures de contrôles et leur cartographie des risques. Manque d’engagement des administrateurs, déficit de ressources allouées à l’éthique dans les entreprises ? A l’heure où les risques de réputation et d’image se multiplient, la responsabilité du Conseil est d’impulser une dynamique vertueuse pour transformer les collaborateurs en ambassadeurs du respect des valeurs et des règles édictées par l’entreprise. La mise en place de critères éthiques dans la sélection des nouveaux Administrateurs pourrait donc faire partie des bonnes pratiques de place.

Connectivité

Une gouvernance plus « connectée » à la stratégie et à la performance de l’entreprise : figurent également parmi les messages clés de cette étude. Il s’agit de s’assurer que la palette de compétences des Administrateurs est en adéquation avec les priorités stratégiques de l’entreprise. L’expérience et le profil des membres du Conseil, les thèmes de travail abordés au sein des comités spécialisés, le renouvellement des mandats, sont des informations qui éclairent les parties prenantes sur la valeur générée par la composition du Conseil. « 40% des sociétés interrogées mentionnent dans leurs documents le taux d’assiduité individuelle des Administrateurs aux réunions » souligne Bruno Perrin. Néanmoins certaines pratiques mériteraient d’être clarifiées en expliquant par exemple les taux de participations les plus faibles.
Autre point relevé par l’étude : communiquer plus clairement sur la politique de rémunération des dirigeants et faire le lien avec la performance de l’entreprise. Aligner le système de rémunération des dirigeants sur les résultats financiers et extra financiers de l’émetteur (évolution du chiffre d’affaires, cash flow, réduction de la dette, innovation) illustre la volonté du Conseil de structurer et d’encadrer la rémunération autour des priorités stratégiques et des objectifs du groupe.
Repenser le partage de la valeur : le sujet est d’actualité alors que les Etats-Unis viennent tout juste d’adopter le « pay ratio » (et le Royaume Uni en 2018), c’est à dire le ratio d’équité entre le revenu annuel du dirigeant et le salaire moyen des salariés. Cette pratique qui vise à freiner la flambée des salaires des patrons fera t-elle des émules dans l’hexagone ? Si il est un peu tôt pour le dire, les états-majors des grandes entreprises ont tout intérêt à suivre ce sujet.

Sandrine L’Herminier
Directrice du pôle conseil RSE

¹Panorama de la Gouvernance : 270 sociétés étudiées. 7 pays européens. Synthèse disponible, présentation de l’étude complète le 8 novembre prochain en partenariat avec EY. Inscriptions