Labrador vient de boucler une étude sur les introductions des Documents de référence (DDR). Objectif : identifier les pratiques et les tendances.

Entretien avec Julia de Queiros, Responsable Études et Transparence chez Labrador

Quels en sont les principaux enseignements de l’étude que vous venez de terminer ?

Pour réaliser cette étude, nous avons retenu 26 critères et passé au crible les introductions de 78 documents publiés jusqu’au 31 août 2018.  Désormais les deux tiers des émetteurs (72%) du SBF 120* réalisent ce que l’on pourrait appeler une introduction institutionnelle en amont de leur document de référence (DDR). La majorité de ces introductions sont composées a minima d’un message du président, de chiffres clés, d’un profil et/ou de faits marquants. Les introductions les plus abouties intègrent des informations sur la stratégie (87 % des messages du président), les dividendes (40 %), la RSE avec des indicateurs extra-financiers (41 %). Le chapitre introductif peut d’ailleurs constituer une étape vers le rapport intégré. Aujourd’hui, 10 % d’entre eux sont déjà des rapports intégrés.

Les émetteurs misent désormais sur cette information synthétique à lire, qui fait le lien entre la stratégie et les indicateurs financiers et extra-financiers, indispensables à la bonne compréhension des activités et des perspectives de l’entreprise. Par ailleurs, ils savent que le document de référence contient l’ensemble des informations nécessaires à leur prise de décision. Ils ne lisent pas ce document mais viennent y trouver des informations précises, ils le consultent.

Cela répond aux attentes des analystes et investisseurs ?

Oui. Les analystes et investisseurs nous ont confié, lors d’un « User group » sur le sujet, qu’ils lisent systématiquement cette partie introductive au document de référence. Et ils demandent d’ailleurs aux émetteurs d’être synthétiques. En revanche, ils sont en attente d’un support, publié en même temps que le document de référence, qui soit plus axé sur l’analyse et la compréhension de la société. Plus intégrée au financier, cette introduction permet une comparabilité entre sociétés, tout en respectant les spécificités. On y retrouve aussi un précieux équilibre entre un historique et des éléments prospectifs et des informations RSE toujours plus chiffrées.

Vous avez bien quelques convictions ou recommandations sur la forme ?

Cette partie a vocation à être lue intégralement. Cela impose un format court. En 8 pages, on peut dire beaucoup. Aujourd’hui la moyenne se situe autour d’une dizaine de pages ; dans le cas d’un rapport intégré, cela ne devrait pas dépasser 20 pages. Ensuite, il est crucial de miser sur la pédagogie : illustrations, infographies, rédaction en langage clair. Enfin, dernier point, il s’agit de bien mettre en avant l’information de preuve : des indicateurs chiffrés, cohérents, renvoyant au contenu du document de référence et suivis dans la durée. Accueillir le lecteur avec ce type d’information, pensée pour faciliter sa compréhension, est une attention propice à créer un climat de confiance. Et ce, dans la durée.

Propos recueillis par Beñat Caujolle

*concernant les émetteurs de droit français, soit 108 émetteurs