Labrador n’est pas une agence comme les autres. Faire toujours plus pour valoriser nos clients, c’est notre mission. A l’image de Molly, Directrice Conseil USA : “Do you speak Proxy”?

A 30 ans, un pied en France et un bras aux Etats-Unis, tu multiplies les missions de conseil et les conférences. Qu’est ce qui fait courir Molly ?

J’aime le coté investigation et recherches de mon job : enquêter, étudier des documents, trouver des idées nouvelles, assister à des séminaires sur la gouvernance pour y rencontrer des spécialistes et anticiper les tendances de marché. Et j’ai la chance de pouvoir travailler dans deux pays, différents et proches à la fois…

 

Vous venez de sortir aux Etats-Unis le benchmark Proxy Statement du Fortune 250. Quel résultat t’a le plus étonnée ?

La révolution du design dans les Proxy est en marche mais il faudra du temps pour faire évoluer l’ensemble du marché. Par exemple, présenter par un graphique la composition de la rémunération des dirigeants : je pensais que ce serait un standard dès cette année, mais seulement 74% des sociétés du Fortune 250 l’ont adopté en 2015. Idem concernant la présentation des compétences du Conseil : c’est une bonne pratique naissante encore peu répandue aujourd’hui.

 

Quels sont les freins alors ?

Il y en a de nombreux. Nous avons la chance de travailler avec des « early adopters », des sociétés qui veulent évoluer constamment et vite, pour transformer une information réglementaire obligatoire en une opportunité de mieux communiquer avec tous leurs publics. Mais il y a encore beaucoup de sociétés aux USA qui n’ont pas cette culture, les ressources ou la connaissance pour se lancer dans cette démarche. C’est un marché très jeune finalement.

 

Que doivent retenir les entreprises françaises de l’expérience Say on Pay aux Etats-Unis ?

Il y a beaucoup d’exemples intéressants dans les proxy américains dont les entreprises françaises peuvent s’inspirer pour concevoir leur avis de convocation. Par exemple, le lien entre la performance de l’entreprise et la rémunération de ses dirigeants n’est pas suffisamment mis en avant dans les documents français. Il est important pour une entreprise de mieux expliquer sa politique de rémunération, par exemple, simplement en utilisant davantage de tableaux ou graphiques.

 

Comment vois-tu l’avenir du Say on Pay en France ?

Depuis l’introduction du Say on Pay aux Etats-Unis, il y a 5 ans, l’activisme actionnarial s’est développé et je pense que ce phénomène va toucher aussi la France. On va voir des actionnaires de plus en plus exigeants, demandant une meilleure gouvernance, une information plus claire et plus accessible. Les sociétés françaises devront être plus proactives dans leur communication. Par exemple, en mentionnant sur leur avis de convocation le résultat du précédent vote Say on Pay et en expliquant les mesures prises pour corriger le tir. C’est une pratique courante aux Etats-Unis.

 

Quel est selon toi l’enjeu principal en gouvernance en 2016 aux Etats-Unis ? 

Avec l’introduction du Say on Pay, l’accent était mis sur la rémunération. C’est toujours très important, mais la pression des Proxy Advisors, les nouvelles régulations sur le cumul de mandats et sur la nomination des membres du Board (Proxy Access),  on constate l’essor de nombreuses problématiques de gouvernance. On peut donc prévoir que les membres des Conseils devront  justifier beaucoup plus précisément leur rôle et leur participation à la réussite de l’entreprise.