Les missions du directeur financier ne cessent de s’étendre. Il n’est plus un simple technicien, mais un business partner capable de définir la stratégie de l’entreprise, d’anticiper les risques, de gérer les situations de crise, de communiquer, de manager des équipes et de conduire le changement

Un directeur financier ne peut plus se cantonner à sa stricte mission comptable. Hier expert, il est devenu aujourd’hui un véritable business partner, multitâches, capable de seconder le directeur général dans le développement et la transformation de l’entreprise. Oasys Consultants, cabinet de conseil en transitions professionnelles, a récemment mené une étude sur les attentes des entreprises lors du recrutement d’un directeur administratif et financier (DAF) confirmé.

Le DAF aide la direction générale à définir et à construire sa stratégie

Alors que 90 % des recruteurs (DG, DRH, chasseurs de tête) estiment que les critères de recrutement ont fortement évolué ces dernières années, ils recherchent avant tout un manager et un communicant notamment pour les plus grandes structures. A mi-carrière, le DAF est déjà considéré comme un expert, on lui demande alors davantage ! Pour 95 % des sondés, il doit être capable d’anticiper les risques et de gérer des situations de crise. Business partner, le DAF aide la direction générale à définir et à construire sa stratégie, mais aussi à manager les équipes et à conduire le changement, pour 91 % des répondants.

Les qualités humaines du directeur financier ne sont pas oubliées, et les recruteurs exigent qu’il soit fiable, loyal et honnête. En revanche, les entreprises ne veulent pas de DAF insuffisamment opérationnels, qui restent dans leur tour d’ivoire et affichent une attitude arrogante ou des exigences trop fortes.

En 2020, la priorité sera l’automatisation du traitement des données

A horizon 2020, les directeurs financiers auront quatre principaux défis à relever : les opportunités de développement, la gestion efficace du temps avec un plus grand volume de travail, une vision stratégique en temps réel, et la communication interne comme externe, selon le rapport Finance 2020 du cabinet de recrutement Robert Half. Mais leur première priorité sera l’automatisation du traitement des données, en lien avec les avancées technologiques.

Fort de ces différentes attentes, les recruteurs vont très largement privilégier les profils entre 40 et 50 ans, constate l’étude Oasys. En plus d’une précédente expérience à la tête d’une direction financière, le candidat devra avoir été membre du comité de direction. Des expériences dans des secteurs différents et un passage à l’international constituent des atouts supplémentaires. En début de carrière, la voie royale demeure le contrôle de gestion – et dans une moindre mesure la comptabilité ou l’audit externe – pour accéder à un premier poste de directeur financier.

Les grandes entreprises recrutent leur DAF en interne

Pour les deux tiers des répondants, le recrutement se fera en externe. Mais ce taux, ne cesse de décroître avec la taille de l’entreprise. Au-delà de 10.000 salariés, seuls 11 % des directeurs financiers confirmés sont recrutés à l’extérieur de l’entreprise, qui préfère privilégier son vivier interne de talents. Les entreprises de taille moyenne (ETI) constituent alors une bonne opportunité pour les DAF confirmés qui souhaitent avoir une expérience dans un autre secteur d’activité. Dans le cas d’un recrutement externe, l’entreprise recourt à 73 % à un cabinet de chasse de tête, la principale alternative étant son réseau.

Après un poste de DAF confirmé, 95 % des répondants estiment que l’évolution réaliste est de rester directeur financier, mais dans un autre secteur ou à l’étranger. Ils pensent aussi à plus de 80 % que cette fonction conduit à la direction générale ou au management de transition.

Thomas Fenin