Interview de Sébastien Mandron, Directeur de la Responsabilité Sociale de Worldline.


Pour mobiliser le management autour d’enjeux extra financiers, certaines entreprises se fixent des engagements à horizon 2020. Retour d’expérience avec Wordline, dont le management s’engage autour d’objectifs RSE de long terme.

Labrador Conseil: Vous avez mis en place une feuille de route Ambition RSE 2020, sur quels critères avez-vous identifié vos objectifs prioritaires?

Sébastien Mandron: Nous sommes partis de notre matrice de matérialité en nous assurant que les 14 indicateurs clés que nous avions sélectionnés étaient alignés sur notre activité et notre business. Il faut qu’il y ait une véritable cohérence entre les objectifs chiffrés et les fondamentaux de l’entreprise. Par exemple, la protection et la sécurité des données clients sont des enjeux stratégiques chez Worldline dont l’activité repose sur les transactions électroniques.

C’est assez nouveau d’impliquer le management autour d’objectifs long terme, comment la démarche a-t-elle été accueillie?

C’est vrai que les organisations sont habituées à être pilotées par des indicateurs financiers plutôt axés sur le court terme, moins par des indicateurs extra financiers qui inscrivent l’entreprise dans un processus d’amélioration continue. Nous souhaitons chez Worldline faire évoluer l’organisation autour de sujets extra financiers et impliquer tous les collaborateurs dans l’aventure RSE. Prenons l’exemple de l’un de nos engagements autour de la diversité: « Respecter le même ratio hommes/femmes au sein de la population managers qu’au sein de la population globale avec une fourchette de +/-10% d’ici 2020 ». Cet indicateur a fait l’objet de nombreux workshops en interne avant d’être validé par le DRH. Nous avons étudié ensemble quels moyens et ressources nous devions lui allouer. Nous avons identifier les premières actions concrètes visant à adapter nos processus internes permettant de nous assurer que les profils féminins soient mieux représentés lorsqu’un poste de management est à pourvoir. Une fois notre plan d’actions entériné nous communiquerons sur nos changements de pratiques internes.

Quels sont d’après vous les écueils à éviter ?

Je pense qu’il ne faut pas faire de ces objectifs 2020 un « coup de com ». Il faut démontrer un engagement chiffré et mettre en avant les plans d’actions s’inscrivant dans la durée. Pour franchir cette étape, il est crucial que le management porte ces engagements. Chez Worldline les 14 KPI sont pilotés par les membres du Comité de Direction et font partie de leurs objectifs personnels.
Attention à ne pas se fixer des objectifs inatteignables. L’entreprise doit calibrer ses ambitions et mesurer les efforts et moyens associés à ces objectifs. Pour rester crédible dans notre approche, nous avons éliminé les indicateurs qui n’auraient pas été compris par nos parties prenantes ou qui nous semblaient trop difficiles à atteindre.

Quels bénéfices attendez-vous des ces « Ambitions 2020 » ?

Ce programme RSE « Trust 2020 » vise à donner une impulsion afin de mobiliser les différentes fonctions internes mais aussi à générer des vocations autour de ces sujets. Avec les nouvelles attentes citoyennes en termes de climat, de respect des droits humains ou de la protection des données personnelles, les sujets RSE s’invitent de manière croissante au coeur de l’entreprise pour en devenir un vecteur de transformation et d’intérêt citoyen.

Propos recueillis par Sandrine L’Herminier
Directrice RSE du pôle Labrador Conseil

FOCUS
Des objectifs long terme qui se déploient dans les organisations

Worldine n’est pas la seule entreprise à mettre en place des engagements RSE long terme. Mc Donald’s, Accor, Fedex, Solvay, Michelin… se sont aussi engagés au cours des derniers mois sur des objectifs à horizon 2020. Une manière d’impliquer les équipes autour de la performance globale de l’entreprise.