Plus de comparabilité et de transparence, un discours de preuve, une présentation synthétique de l’ADN et de la création de valeur de l’entreprise… C’est en substance les messages clés véhiculés par les participants réunis hier dans le cadre de la présentation de l’étude rapport intégré* publiée par le Cliff, Capitalcom, le C3D, l’IFACI et Vigeo Eiris.  

Rapport annuel intégré vs document de référence : quelle est votre cible ?

Si les deux supports s’imposent auprès des émetteurs, les cibles sont différentes. Le rapport intégré publié dans le document de référence s’adresse à des parties prenantes expertes : analystes, agences de notation et investisseurs. Le rapport annuel intégré/rapport intégré, plus communicant, laisse une plus large place au « storytelling » et a vocation à s’adresser au plus grand nombre dont les journalistes, acteurs publics, ONG et société civile. Il est aussi publié plus tardivement au moment de l’Assemblée Générale.

Une mobilisation moindre -effet DPEF oblige-

Si la légitimité du  rapport intégré n’est plus à démontrer, l’exercice écoulé enregistre un ralentissement de la croissance des publications :

CAC 40  2016 : +53% /  2017 : +38%

SBF120 2016 : +44% /  2017 : +42%.

Les nouvelles règlementations, dont la Déclaration de Performance Extra Financière expliquent sans doute ce coup de frein. Très gourmande en temps, la mise en place de cette nouvelle règlementation mobilise déjà les équipes autour de ce sujet car les passerelles avec le rapport intégré sont nombreuses.

Implication de la gouvernance

Signe de maturité du rapport intégré : 47% des émetteurs mentionnent que la démarche est impulsée par le Comité Exécutif et 53% des membres du Conseil d’administration valident la publication. C’est effectivement pour l’entreprise l’occasion d’aligner sa stratégie sur les attentes de la société et de réfléchir à sa création de valeur globale. L’implication du top management est aussi un gage de crédibilité de la pertinence des contenus et de suivi des indicateurs dans le temps.

La finance s’empare du sujet

Les résultats financiers ne sont plus aujourd’hui la seule métrique de la performance de l’entreprise. C’est le capital immatériel (la marque, l’innovation ou la transformation d’un produit ou d’un service par les collaborateurs) qui contribue à sa création de valeur globale. Une réalité qui n’a pas échappé aux analystes et investisseurs qui consultent de plus en plus ce document au même titre que la présentation des résultats annuels. Les équipes financières –relations investisseurs et directions financières- l’ont bien compris en prenant la main sur le projet piloté hier par les équipes RSE.

Plus de transparence !

Si les rapports évoluent au fil des ans, ils font trop rarement leur autocritique. « Tout n’est pas « undercontrôle » dans une entreprise. On n’est pas encore dans la transparence, c’est pourtant ce que les investisseurs recherchent » rappelle Fabrice Bonnifet Président du C3D. Un point de vue partagé par Anne-Claire Impériale, analyste ESG chez Sycomore AM qui souligne que le RI ne doit pas être seulement un « exercice de séduction et que l’entreprise doit aussi adresser ses contributions négatives ».  L’évolution du modèle économique de l’entreprise en ligne avec les enjeux RSE et les ODD, la rémunération des dirigeants indexée sur des critères RSE, l’implication du management pour faire « bouger les lignes » font partie des initiatives qui renforcent la crédibilité du document.

 

Sandrine L’Herminier

Directrice du pôle RSE – Labrador Conseil

 

*Troisième édition de l’étude rapport intégré. Une vingtaine d’entreprises ont répondu à cette enquête. Etude disponible sur le site du Cliff, accès membres.