Rapports intégrés, l’avenir du Document de Référence ?

///Rapports intégrés, l’avenir du Document de Référence ?
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Si le rapport intégré s’impose peu à peu en France, ce type de document reste encore largement perfectible. La plupart des émetteurs se contente encore de fusionner le rapport RSE avec le rapport financier sans formaliser véritablement une stratégie qui soit créatrice de valeur pour les actionnaires. Voici quelques recommandations pour rendre ce document lisible et pertinent¹.

  • Démarrer modeste.  Si vous ne vous sentez pas prêt pour une démarche intégrée, une introduction et un message du Président donnant de la perspective seront appréciées de vos investisseurs. Ensuite, pour initier un premier rapport intégré et l’inscrire dans une démarche de progrès, un point de départ possible est de « transformer la présentation de l’entreprise utilisé par le Président lors des road show investisseurs en brochure intégrée. Tous les éléments devraient être présents : stratégie, business model, gouvernance, etc… » résume Jean-Florent Rérolle, associé KPMG Corporate Finance et rapporteur de l’IFA qui a organisé un groupe de travail sur le rapport intégré².
  • Intégrer le rapport intégré en amont du document de référence. Le rapport intégré n’est pas un  rapport de plus. Il doit se présenter comme un document de synthèse structuré, synthétique et utile afin d’apporter un éclairage supplémentaire sur les objectifs stratégiques de l’entreprise.
  • Privilégier un format court. Inutile d’ajouter des informations supplémentaires, il s’agit plutôt de les relier pour donner une vision holistique et intégrée de l’organisation.
  • Répondre aux attentes des investisseurs et analystes. Ce document peut intéresser les parties prenantes, mais il doit en priorité aider les investisseurs à évaluer l’entreprise à travers une question clé : quels sont les éléments stratégiques qui lui permettent de penser que l’entreprise crée de la valeur.
  • Soigner l’equity story. L’objectif est de sélectionner les thèmes les plus pertinents qui vont permettre à l’émetteur de raconter son histoire, ses opportunités de développement et ses atouts concurrentiels. Le rapport intégré ne doit pas être considéré comme un standard. Si le cadre de référence de l’IIRC est utile pour initier une première réflexion, inutile de respecter à la lettre cette approche.  
  • Privilégier les leading indicators aux lagging indicators. Les premiers sont révélateurs de la dynamique stratégique de l’entreprise, les seconds retracent les performances passées. « Les leading indicators doivent permettre  d’anticiper le futur en donnant aux investisseurs des indications sur l’avancement de la stratégie d’entreprise. Prenons l’exemple d’un groupe qui s’oriente vers l’externalisation de ses activités, la qualité de la prestation devient un élément clé de sa performance long terme. Le choix d’un indicateur qui mesure la qualité de ses fournisseurs sera pertinent pour rassurer les investisseurs sur l’exécution du plan stratégique » souligne Jean-Florent Rérolle.

À plus long terme, le rapport intégré pourrait se substituer au rapport de gestion en  fusionnant l’ensemble des informations sous un seul document intitulé « Rapport stratégique du conseil ». Cette proposition fait partie des 6 recommandations du groupe de travail de l’IFA qui rappelle également le rôle central du conseil d’administration dans la mise en place de la démarche.

Sandrine L’Herminier, Directrice du Pole RSE – Labrador Conseil

¹ Issues des travaux de l’IFA et de nos échanges avec analystes, gérants et spécialistes

² Le conseil d’administration et le reporting intégré. Publications de l’IFA – Institut Français des Administrateurs


NDLR : Nous avons organisé une étude sur le Rapport Intégré avec notre User Group Investisseurs et Analystes que nous rendrons public à la rentrée.


By |juillet 6th, 2017|Billet du blog, Communication financière|0 Comments

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