Les 7 recommandations de l’IFA pour promouvoir et piloter la « durabilité » du modèle des entreprises au plus haut niveau,  viennent d’être dévoilées sous la houlette de la présidente de l’Institut Français des Administrateurs Agnès Touraine.

Enjeu de bonne gouvernance, de compétitivité mais aussi de problématique géopolitique dans le contexte planétaire actuel, la recherche d’un projet d’entreprise durable au plus haut niveau devient un sujet stratégique. Il s’agit désormais pour les Conseils de passer d’une démarche RSE de « conformité règlementaire » à une démarche « intégrée » impulsée et suivie au plus haut niveau de l’entreprise. « La RSE confère aux administrateurs le devoir de challenger le management sur ces sujets et de s’assurer qu’ils sont pris en considération aux bons niveaux et dans des démarches de progrès » souligne Anne-Marie Idrac, Présidente du Club RSE de l’IFA dans la préface de ce rapport*.

La cartographie des risques extra financiers, l’identification des enjeux RSE matériels définis en collaboration avec les parties prenantes, le suivi des trajectoires de progrès, l’intégration de la RSE dans les décisions stratégiques (investissements, transformations, nouvelles implantations), la maîtrise de l’empreinte carbone en synergie avec la trajectoire 2° fixée par la COP 21, l’intégration de la RSE dans la rémunération variable des dirigeants et la restitution de la stratégie de durabilité de l’entreprise lors de l’Assemblée Générale… font partie des 7 recommandations de l’IFA. Autant de sujets qui relèvent d’après ce rapport de la responsabilité des Administrateur qui doivent s’emparer du sujet et appréhender la RSE « comme un avantage compétitif et une maximisation de la valeur globale  de l’entreprise ».

Pour aider le Conseil à se saisir de ces enjeux, l’IFA formule quelques conseils pratiques parmi lesquels : s’assurer que les compétences RSE figurent parmi les critères de recrutement des administrateurs, mettre ces enjeux à l’ordre du jour des sessions stratégiques du Conseil en plénière, inviter des experts indépendants et représentants de parties prenantes à exprimer leurs avis sur certains sujets et s’assurer le projet d’entreprise soit en ligne avec ses « engagements de durabilité ».

Si ces recommandations sont judicieuses, reste que la RSE n’est toujours pas considérée comme un enjeu « stratégique » et un levier de compétitivité au sein des organes de gouvernance. La formation des administrateurs et le recrutement d’administrateurs indépendants experts dans ce domaine, contribueraient à transformer cette démarche considérée encore par certaines organisations comme une contrainte en opportunités de business.

Sandrine L’Herminier
Directrice du Pôle RSE – Labrador Conseil

*RSE et durabilité du projet d’entreprise : mission stratégique du Conseil – nouvelles recommandations de l’IFA janvier 2017

Une meilleure prise en compte de la RSE dans le Code AFEP-MEDEF

L’IFA n’est pas la seule organisation à se saisir du sujet. L’AFEP MEDEF a intégré la RSE dans la révision de son « code de bonne gouvernance » il y a quelques mois en précisant que le Conseil d’Administration doit être informé de l’évolution du marché et de ses enjeux y compris dans la domaine de la responsabilité sociale et sociétale et en ajoutant que « le conseil doit veiller à ce que les actionnaires et les investisseurs reçoivent une information sur la prise en compte des enjeux extra-financiers significatifs pour la société ».